Skip navigation

Éoliennes paresseuses qui hésitent à tourner. Incertaines qu’elles sont du fait que le vent souffle. L’asphalte sous les roues défile en une brise régulière . J’oublie la route je respire ton regard, perdu au loin sur la ligne des arbres. Ta main, posée, comme oubliée par ta conscience, attire la mienne irrésistiblement. Je me retiens pourtant de troubler ta quiétude, ce calme si précieux qui fleurit sur ton front. Me concentrer sur cette route, cet habitacle, refuge, parenthèse, qui nous isolent du monde autant qu’ils nous y mènent. J’aime ces moments d’intimité parfaite où rien d’autre que nous n’existe plus pleinement. Plus vraiment quelque part, et pas encore ailleurs. Je chéris ces possibles à peine entrevus à travers le pare-brise. Comme si le monde tout entier n’avait plus pour vocation que de servir de cadre à nos regards. Temps suspendu, espace immatériel, désir latent.

Je coupe le contact, ce pianiste dont j’ignore le nom est brusquement interrompu. Silence. Ma main sur la portière, la tienne qui me retient d’un simple effleurement. Ton regard si clair, un souffle entre tes lèvres. Ils attendront. Nos corps entament un prélude, comme un écho de celui que diffusaient un peu plus tôt les haut-parleurs. Prélude muet, intense. Le souffle se fait court, corps affamés. Urgence de rejoindre le seul refuge, la seule église, le seul foyer : la peau.

Les éoliennes ont-elles choisi finalement ?

Un soupir : « Encore… »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :