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Le regard en premier, fasciné, s’accroche. La pureté des lignes, les courbes, les reliefs, la douceur du teint. Ému aux larmes, cette cheville est si belle. Elle ne sait pas, m’ignore encore, toute à la douce oscillation de la jambe qu’elle fait naitre et résume à la fois. Attendre, retenir, prolonger ce moment suspendu, secondes égrainées au bout d’un escarpin. Et ma main sous la table, hésitante et sûre, cherche le chemin vers la tiédeur nichée là juste au creux. Tu regardes ailleurs, surface indifférente. Trahie par ce duvet léger qui tout à coup frissonne. Respirer lentement, ne pas aller trop vite, le désir obéit à la main qui le bride. Glisser à genoux, lentement, fermer les yeux, et aimer comme on prie. Les dieux aiment la dévotion des sens. Je pose mes lèvres à l’intérieur, juste sous la saillie de l’os. Laisser mes doigts parcourir la soie du mollet si fin et entendre la musique qui monte au fond du ventre. Un tango bien sûr. La cheville c’est la clé du tango. Libres de tout contrôle, mes lèvres cheminent sur tes cuisses. Elles trouvent enfin le tremblement de tout ton être, regard voilé, souffle éperdu, tes doigts crispés sur ma nuque. L’oubli, la source.

Les mots sont impuissants à dire le choc, le courant tellurique qui parcourt chaque cellule. La révélation. Vivre commence par ta peau.

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