Skip navigation

Le coeur qui bat, lent, sourd, profond. L’estomac se serre. Une larme tombe. Une seule. L’écho de l’impact de ces quelques molécules d’eau sur le plancher s’amplifie à devenir assourdissant. Le souffle est haché, douloureux, court. Mais régulier cependant. La tristesse semble venir du fond de l’âme, elle n’est pas toujours là pourtant. À cet instant, elle est tout, douce et impérieusement nécessaire. Elle devient le battement du coeur lui-même. Un sanglot, spasme de tout le corps, et le flot se libère. Les ruisseaux sur les joues se font fleuves, s’élargissent, fleuves sauvages dont la crue ne peut alors plus être endiguée. Plus aucune pensée ne prend forme, devenir l’eau, devenir la voix de ce chagrin profond, sans âge. Et se dissoudre à mesure que le ressac fait déborder la marée du regard, encore, encore… Une dernière convulsion encore et la douleur s’apaise, laisse place à l’épuisement, à la paix. Puis au sommeil enfin, innocent et profond, comme celui d’un enfant.

Une corde vibre encore, grave et tendre, sous les doigts qui ont su libèrer sans violence les courants si longtemps retenus.

Les pleurs (M. de Sainte-Colombe) – Jordi Savall

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :